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Rencontres autour du livre de JOB
Une parole de feu peut jaillir en toi
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J’ai rencontré Job sur le parvis de Notre Dame
Article mis en ligne le 10 mars 2019

par Luc
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Portes Royales Notre Dame de Paris

Toi l’ami, le pèlerin, un jour, peut être, viendras tu poser ton fardeau, comme tant d’autres, sur le seuil de Notre Dame, sur ce parvis chargé d’histoire. Approche toi des portes royales, mets toi face au Christ qui siège sur la Jérusalem Céleste, au sommet du tympan : un Christ enfin de retour. C’est le jugement dernier ! le temps où tout sera enfin révélé. Un Christ rédempteur, qui, torse nu, lève ses mains, non pour juger et renvoyer chacun à sa misère, ni pour t’ordonner de retourner dans tes enfers, mais pour afficher ses plaies, lui qui revient des enfers, et souhaite nous en faire sortir.

Le Christ Rédempteur Tympan Notre Dame de Paris

Job Médaillon Notre Dame Paris

Tourne alors ton regard sur ta gauche, juste au niveau de ton épaule, là scellé sur un bas relief d’un des contreforts de la cathédrale, un médaillon isolé. Laisse toi surprendre par celui qui est assis, tel un SDF adossé sur les murs de l’Hôtel Dieu à deux pas qui n’attend plus rien de la vie même pas l’aumône. Job est là... il n’est pas seul avec ses amis et sa femme qui l’entourent, mais ils sont là, face à lui, tel un rempart qui lui masque le Christ s’élevant qui s’offre à lui et qui lui montre la justice divine à l’œuvre.

Le voilà assis sur son tas de fumier où grouillent d’énormes vers, dans le dénuement le plus total, entouré de quatre proches demeurés fidèles, dans un cercle fermé où résonnent questions et débats, controverses et invectives ; cris et hurlements, les questions sans réponses : le voilà, presque à nu, un lambeau d’étoffe tombe de ses épaules et ceint ses reins, les vers rongent son corps, son torse et ses jambes. Il est là les bras croisés au milieu du cercle que forment les visages qui l’entourent.

Dans les discussions qui s’engagent il semble tendu dans l’attente d’une réponse qui ne vient pas. L’un d’entre eux retire ses habits de peur de les salir, un autre s’en sert pour se pincer les narines sans doute insupporté par les odeurs de putréfaction qui le saisissent comme la mort, un autre encore se prend la tête où se bouche les oreilles pour ne pas entendre le cri de Job contre Dieu mais tout en posant aussi avec délicatesse sa main sur son épaule, un geste de bienveillance pour sortir d’un flot de paroles toutes aussi insupportables les unes que les autres, un autre encore plus excentré surplombant le groupe, qui penche la tête et tend l’oreille pour prendre part à la conversation.

Les voilà tous embarqués dans le scandale de la situation, tiraillés entre la compassion de celui qui souffre sans raison et la volonté de se rassurer eux même en cherchant la cause de son malheur. La voilà son épouse au milieu du cercle, le regard plus dur, parce qu’elle souffre aussi d’avoir tout perdu même ses enfants et qui invite Job à en finir une bonne fois pour toute. "Maudit Dieu et meurt".

Le visage du personnage de droite qui surplombe le groupe et qui pose son regard sur la scène ressemble à s’y méprendre au visage du Christ. Le Christ s’inviterait-il discrètement dans la conversation ?

Job qui voit passer chaque jour, dans l’indifférence la plus totale, des milliers, des millions de touristes qui flânent et qui le prennent peut être en photo sans le savoir.... combien partagent sa misère et sa souffrance ? Combien d’histoires semblables de cris et de larmes.

Dans ce porche, le regard de Job se redresse. II voit en arrière plan comme à l’horizon dans cette scène du jugement dernier, le Christ. Le Christ qui n’est pas le juge traditionnel qui sépare les justes des autres, les élus des damnés. Le Christ qui montre ses propres plaies, le torse nu, les mains levées : le Christ n’est pas le juge des tympans romans mais le Christ des douleurs. Job qui s’insurge de la justice de Dieu contre lui trouvera peut être là la réponse : le Christ lui même qui vient vers lui.

Toi le pèlerin, si tu passes là, si tu oses et si tu franchis le pas de la porte de la cathédrale, n’oublie pas job qui est resté assis au dehors et qui attend.

Job Médaillon Notre Dame Paris



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