Séance 13 du 6 Décembre
Article mis en ligne le 13 novembre 2019
dernière modification le 11 novembre 2019

par Luc

Propositions pour la préparation de la séance 13 du 06 Décembre

Nous nous sommes quittés la dernière fois, en nous étant longuement arrêtés sur le chapitre 23 puis sur le chapitre 24. Nous avons vu comment Job se déplaçait intérieurement mû par le désir d’une rencontre de Dieu, un chapitre qui ouvre sur la traversé du désert, sur un chemin aride et escarpé qu’ont emprunté bien des croyants, sur cette nuit obscure de l’âme pour reprendre l’expression de Saint Jean de la Croix, cette désolation spirituelle et l’angoisse d’un Dieu absent. Un chapitre qui se termine sur le sentiment profond que Job nous confie. Il nous dit être troublé en la présence de Dieu, comme si il vivait, percevait, avec crainte et tremblement, effroi même, la rencontre tant désirée. "Voilà la merveille, personne ne peut te chercher qui ne t’ait déjà trouvé" méditait saint Bernard (De diligendo Deo VII 22) formule que Blaise Pascal n’hésite pas à mettre dans la bouche même de Dieu dans les Pensées, manière de lui donner encore plus de poids.
Ce passage nous fait clairement sortir des débats théologiques et intellectuels des dialogues précédents. Le III cycle n’est pas encore terminé, nous l’avons entrevu avec les quelques versets du chapitre 25 dans lequel Baldad en arrive à comparer l’homme à un vil insecte sans aucun intérêt pour Dieu. Baldad enfermé dans ses dogmes ne voient en rien ce qui se passe dans le coeur et l’âme de Job.
Nous avons également mesuré combien le Chapitre 24 qui suit montre que Job ne s’enferme pas dans son aventure spirituelle et que plus il avance sur ce chemin et plus il se sent solidaire de toute la création. Son regard change sur la création a dit l’un d’entre nous.

Les chapitres 25 à 28

Lors de notre séance on reviendra rapidement sur les 6 versets du chapitre 25 pour mieux comprendre la réaction de Job qui ne se fait pas attendre dans les chapitres 26 et 27. On verra ensuite la particularité du chapitre 28 qui prend en quelque sorte la place de l’intervention de Sophar qui a disparu de la scène. Un tout autre style ! avant que Job reprenne la main au chapitre 29. Clairement ce chapitre 28 arrive ici pour tourner une page sur tout ce qui précède et pour préparer ce qui va advenir par la suite.

Je ne reprends pas la méthode... que vous connaissez par coeur ! je vous laisse simplement quelques questions qu’on peut se poser en lisant ces passages.

N’oubliez pas malgré tout, il faut se le redire en permanence, de prendre le temps de laisser raisonner au fond de notre âme tel ou tel verset. Car, même si nous faisons collectivement un effort d’une lecture attentive verset à verset, il faut sans cesse se rendre disponible à l’Esprit qui, pas après pas, vient atteindre le lieu où, en nous, se construit une relation intime et personnelle avec celui que le Christ nous invite à nommer Père.

Quelques pistes à creuser :

Au chapitre 26

- les versets 2-4 quelque peu ironiques se terminent par un verset 4 dont la portée est radicale, et qu’il conviendra de garder à l’esprit pour la suite du développement du livre
- Les versets suivants constituent une vision sur l’acte créateur de Dieu : observer le temps des verbes ! Voir la position particulière du verset 9.
- quel est la dynamique des versets 12 et 13 (elle mérite d’être regarder trés précisément). Les oppositions, les ruptures... notamment celle de 12b... et que dire du 13b...
- La conclusion du verset 14 : il ouvre sur une méditation sur la grandeur de Dieu, "savoir prodigieux qui me dépasse !" à rapprocher du verset 5 ce qui produit une belle inclusion.

Au chapitre 27

- Noter l’occurrence des termes qui renvoient à Job, à Dieu, à ses amis, aux impies et aux méchants. Cela fait apparaître clairement plusieurs parties dans chapitre.
- En quoi ce chapeau est-il original ? A qui s’adresse-t-il ? (Faire la liste des termes qui renvoient à Job)
- Apprécier les verset 3-4, versets centraux, un palier dans la progression spirituelle de Job, qu’il faut relier au surprenant verset 2. On notera comment se répartissent les allusions à Dieu dans tout le passage jusqu’au 8.
- relier les versets 7 et 8
- les versets 9-10 sont rédigés sous forme de questions ? Comment interpréter ce passage (et ce qui va suivre). Le verset 10b est une clef de lecture pour bien comprendre ce que Job cherche à faire comprendre. Car ici il va reprendre ensuite la doxa de Sophar sur l’impie... à ne rien y comprendre...
- Le verset 11 joue un rôle charnière. Job renverse-t-il les rôles ?
- Les versets 13 à 23 surprennent dans la bouche de Job ? (Utile de retourner au Chapitre 20, versets 25 et 29 mais encore chapitre 18,14, ... ?
- Voir comment les versets 13 et 23 sont reliés. Une belle inclusion ici aussi.

Au chapitre 28

- Avant de se lancer dans lecture ligne à ligne il est utile de tracer toutes les occurrences des termes relatives aux pierres précieuses, les verbes utilisés pour décrire l’action des hommes
- En reliant le verset 3 au verset 5... on passe d’une intention, orgueilleuse, à un résultat funeste ? On a du mal à imaginer que cela a été écrit il y a si longtemps... comme quoi rien ne change. La construction du verset 5 est éloquente, l’homme pille les richesses de la terre au détriment de quelle autre richesse ?
- Que disent les versets 7 et 8 ?
- rapprocher le 3b du 11 b.... belle inclusion qui renforce par contraste saisissant le début du verset 12... MAIS....
- Le verset 12 et le verset 20 qui se répondent, marquent une progression fondamentale qui mérite d’être explicitée. On a un lien entre les moyens démesurés que l’homme met en place pour accumuler de l’or et son incapacité à progresser sur la recherche de la Sagesse.
- Le verset 13 juxtapose deux attitudes : ne pas connaître le prix de la Sagesse, ne pas savoir la rencontrer. Il y a beaucoup plus qu’une nuance. Noter le terme du verset 15... qui va encore plus loin. Au verset 18 on dit que sa possession vaut mieux que les perles... C’est ainsi que Saint Seraphin de Sarov confie à son disciple que le vrai but de notre vie chrétienne consiste dans l’acquisition de l’Esprit Saint de Dieu.
- Le verset 23 explique que seul Dieu connait son chemin, ce qui est à rapprocher des versets 13,14, et 22.
- Le verset 28 qui clôture ce développement est bien évidemment à opposer à ce qui arrive à l’impie du chapitre 27. Noter la force du début du verset. La formule est majeure dans toute la Bible, et particulièrement lorsque Jésus la reprend à son compte. Moi je vous dis.

Voilà, il est temps de marquer une pose et de profiter de l’expérience que Job engage et souhaite nous faire partager. "Tant que le souffle de Dieu sera dans mes narines, je jure que mes lèvres ne diront rien de perfide." 27,3. Il nous faut choisir entre l’héritage de l’impie qui disparaît dans le néant, et la quête de la Sagesse plus précieuse que tout l’or du monde, qui trouve sa source dans la crainte du tout puissant. L’éloge de la Sagesse ouvre la porte à une problématique nouvelle bien différente des doctrines qui ont pu nous éloigner de l’essentiel, jusqu’ici.